24 heures avec une angoissée du cadran

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Lucie à 22 ans, elle est étudiante en journalisme. Son quotidien est dirigé par son travail, quitte à mettre sa vie sociale entre parenthèse… 

Dimanche, il est 9h30 quand Lucie arrive à émerger d’un profond sommeil. Comme l’immense majorité des gens de son âge, son premier réflexe est d’attraper son portable. Instagram, Facebook, Snapchat, tout est passé au crible. Elle se sent coupable de perdre son temps ainsi, mais elle sait qu’elle ne quittera pas son lit avant d’avoir épluché le web et ses réseaux. 

Après une douche rapide, elle noue ses cheveux bruns en chignon au sommet de son crâne. Elle enfile un survêtement et un pull de garçon. La jeune fille ne sortira pas de la journée alors inutile de s’apprêter. Au programme du jour, devoirs, révisions, prendre de l’avance sur une semaine chargée. Dans sa tête, chaque seconde est comptée. Immédiatement, elle s’installe à son bureau, il est large et parfait pour éparpiller les feuilles et les bouquins. La seule petite folie autorisée : la musique qui sort de son enceinte Marshall et diffuse une mélodie apaisante dans cette chambre trop sombre. 

La plage attendra, les amis aussi

Lucie n’est pas unique dans son cas, à se sentir écrasée par le poids des études et à se surmener. C’est d’ailleurs la vie de la plupart des étudiants, elle en est consciente. Mais elle ne comprend pas comment eux, trouvent le temps de se retrouver en terrasse, un verre à la main, trois fois par semaine. Comment arrivent-ils à passer leur dimanche à la plage quand cinq devoirs sont à rendre la semaine suivante ? Elle n’imagine probablement pas que la veille au soir ils deviennent à leur tour les personnes les plus stressées du monde, parce qu’ils sont en retard. C’est bien ça la chose qui l’inquiète le plus d’ailleurs, être en retard. C’est pourquoi elle se prive volontairement de ces choses. La jeune femme trouve des excuses en écrasant un énième baillement. Elle se dit qu’il ne fait pas très beau de toute façon, que son porte-monnaie est à sec, qu’elle est trop fatiguée. Mais elle n’y croit même pas. Au final elle ne voit pas grand monde, apparemment ça en vaut le coup.

La surcharge de travail est l’une des principale cause de stress en France – Image libre de droits

« J’ai toujours eu l’habitude de ne pas m’arrêter avant d’avoir fini »

La journée avance, son travail aussi, même si la pile paraît insurmontable. Quand sonne le coup de canon de midi, elle va peut-être prendre une pause pour manger. Mais non, ses lunettes rouges sur le nez, elle continue de taper frénétiquement sur son clavier. « Tant que je n’ai pas fini, je continue, même si je dois manger à 15 heures », confie l’étudiante, imperturbable. « J’ai été élevé comme ça, à cibler mes priorités, si je fais autre chose au milieu, j’ai trop peur de ne pas pouvoir y revenir », continue-t-elle. En effet, il est 14h35 quand elle décide enfin de faire cuire trois pates aux épinards. Et le repas est plié en deux temps et trois mouvements. 

L’après-midi, rebelote. Alors que les températures invitent à pointer le nez dehors, Lucie observe le ciel bleu de la fenêtre de son 17m2. Cette perspective l’attriste, l’enfermement la rend un peu folle. « Mais je me sens coupable quand je sors», assure-t-elle. 

Le stress entraîne la fatigue, la fatigue alimente le stress

Le stress de manquer de temps est un vrai handicap. Dans sa vie Lucie calcule tout, ou presque. Elle l’avoue elle-même, à force d’utiliser chaque seconde de sa journée pour la dédier au travail, elle oublie de se reposer. L’envie de trop bien faire la prive de moments précieux. Ce soir encore, elle est toujours devant son écran à minuit, les yeux rouges, une tasse de café à la main. À une heure du matin elle décide qu’il est temps de se coucher, mais seule Morphée décide de l’heure où elle s’endormira vraiment. 

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