14 marathons en 8 jours : l’énorme défi d’Eric Bermont pour soutenir un « frère d’armes »

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Eric Bermont sur la ligne de départ (photo : Tous ensemble pour Loïc)

Personne en France n’ignore qui était Mohamed Merah. Beaucoup moins de gens savent qui est Loïc Liber. Il s’agit du seul militaire visé ayant survécu à la folie meurtrière de Merah. Touché à la moelle épinière et laissé pour mort, il s’en est sorti après de longues semaines de coma. Il est aujourd’hui tétraplégique. Pour lui venir en aide, le caporal-chef de 1ère classe Eric Bermont court depuis samedi à la No Finish Line de Monaco.

606 kilomètres en 8 jours, soit environ 14 marathons et demi. C’est l’objectif que s’est fixé Eric Bermont. Un nombre qui n’a pas été choisi au hasard : « Il s’agit de la distance qui sépare le lieu de la tuerie de Montauban et l’hôpital parisien où Loïc est soigné depuis plus de deux ans », explique-t-il avec solennité. Si la distance est symbolique, le militaire n’exclut pas d’aller plus loin : « Chaque kilomètre parcouru représente de l’argent supplémentaire donné. Si j’ai les moyens d’aller au-delà de la distance prévue, je le ferais certainement ».

 « L’armée française est solidaire »

La course caritative organisée par la famille princière a pour but de venir en aide aux enfants défavorisés. Mais pas uniquement. Le membre du 31e régiment du génie court pour soutenir un « frère d’arme », comme il l’appelle. « On ne faisait pas partie du même régiment, mais toute l’armée française est solidaire », complète-t-il. Le lien est encore plus fort pour Eric Bermont. Originaire lui aussi du Sud-Ouest, il est conscient qu’il aurait très bien pu se retrouver face à Merah. L’armée de terre, le Ministère de la Défense et de nombreux partenaires soutiennent cette initiative et affichent leurs logos sur le maillot et le campement du coureur. Caroline de Monaco aussi démontré son soutien, en prenant en charge ses frais d’inscription.

Pas qu’une question d’argent

Si peu de monde savait qu’un militaire avait survécu à Merah, ce n’est pas le fruit du hasard : «  Le fait de ne pas médiatiser Loïc Liber a été un choix, fait notamment par les médecins. Le but est de le laisser se reconstruire tranquillement », explique le militaire d’origine martiniquaise. En plus de l’appel au don lancé, une page Facebook « Ensemble pour Loïc » a été créée. Tout le monde peut par ce biais, apporter une marque de soutien moral au militaire du 17e régiment du génie parachutiste, dont la vie a basculé le 15 mars 2012.

Bien parti pour atteindre l’objectif

Parfaitement préparé, ce sportif confirmé tient pour l’instant son objectif de « faire soixante-quinze kilomètres par jour ». Avec 235 kilomètres parcourus lors des trois premiers jours, sa moyenne quotidienne est même légèrement supérieure aux prévisions. Samedi, il a parcouru 80 kilomètres malgré la pluie, soit quasiment deux marathons. « Ce n’est sûrement pas la pluie qui peut m’arrêter », affirme-t-il. Une manière de montrer à Loïc Liber qu’il n’est pas prêt de le lâcher.

Qu’est-ce que la No Finish Line ?

 Il s’agit d’une course caritative. Pendant huit jours et 24/24h, les inscrits peuvent marcher ou courir sur le parcours tracé sur le port Hercule de Monaco. Munis de puces électroniques qui comptent les tours effectués, il permettent à chaque kilomètre parcouru de faire « gagner » 1€ de dons pour venir en aide aux enfants défavorisés ou malades. Pour le quinzième anniversaire, cette somme est de 1,15 € cette année.

Sylvain Mustapić