Viandes et cancer : les Français vont-ils changer leurs habitudes alimentaires après le rapport de l’OMS ?

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Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé, portant sur le risque cancérigène de la viande, crée l’inquiétude. Si beaucoup en ont entendu parler, va-t-il avoir un impact sur les comportements alimentaires des Français ? Les avis sont partagés.

Grippe aviaire, vache folle, fièvre aphteuse, viande de cheval, … la filière viande n’en est pas à sa première crise. L’étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) portant sur le risque cancérigène de la viande lance une nouvelle polémique. Le sujet n’est pourtant pas nouveau puisque l’Institut national du cancer avait déjà édité un rapport en juin 2015 sur l’augmentation du risque de cancer colorectal associée à la consommation de viandes rouges et de charcuteries. Mais aujourd’hui, la couverture médiatique des résultats de l’étude a pris une telle ampleur que le sujet n’est pas passé inaperçu auprès des consommateurs.

« Je suis très sensible à tout ce qui a un impact sur la santé. Cette étude va m’inciter à réduire encore ma consommation de viande. Je n’en mangeais déjà plus que deux fois par semaine mais là je me limiterai encore plus  », indique Claudine D., 74 ans. De son côté, Jacqueline D., 69 ans, ne connaissait pas l’aspect cancérigène des produits carnés. Elle avait toutefois déjà entendu parler des problèmes cardiovasculaires engendrés par une alimentation trop riche en protéines animales. « J’achetais principalement de la viande blanche, mais là je vais en manger encore moins », précise-t-elle. « C’est un problème supplémentaire. J’étais au courant pour la charcuterie mais pas pour la viande rouge. Cela m’incite à redevenir végétarienne » renchérit Cindy T., 34 ans.

D’autres, comme Robert, 62 ans, ne changeront pas leurs habitudes alimentaires. « C’est même une aubaine. Les gens consommeront moins de viande et les prix vont baisser. Je pourrai alors en acheter plus », se réjouit-il.

Les réseaux sociaux y vont également de leur contribution.

Les professionnels de la filière restent toutefois inquiets des répercussions sur les ventes.

Jean-Luc L., Chef du rayon boucherie d’un leader de la grande distribution, relativise malgré tout, « Je suis sûr et certain que les clients vont changer leurs habitudes de consommation dans l’immédiat. A chaque fois qu’il se passe quelque chose, il y a toujours un impact négatif sur la demande. Ce matin, des clients m’ont parlé de cette étude et de l’influence qu’elle aura sur leurs choix alimentaires. Mais pour réduire les ventes durablement, il faudrait que cette information soit répétitive. Sinon, c’est vite oublié ».

La consommation de viande en France est en baisse régulière depuis 1998 passant de 94kg (équivalent carcasse) par habitant  à 86kg en 2014.

Alexandra Verbecq