Résidences secondaires : la nouvelle taxe pourrait s’appliquer à Nice

0
68

Le site d’information économique Les Echos a annoncé hier soir un projet de loi de finance pour 2014. Ce dernier vise à alourdir la taxe d’habitation de 20 % pour les résidences secondaires

150 millions d’euros. C’est le montant dont pourrait bénéficier les communes où la taxe est appliquée. Paris, Bordeaux, Marseille, Lyon ou encore  Nice, au total plus de 28 agglomérations sont concernées. Une mesure qui cible directement les résidences secondaires. A l’exception des résidences détenues pour des raisons professionnelles ou celles possédées par des retraités modestes qui auront droit à des dégrèvements. En plus de l’impôt foncier, la taxe d’habitation serait rehaussée de 20 %. Les municipalités impliquées sont celles qui sont le plus touchées par le manque de location. La loi Alur classe de nombreuses villes dont Nice en zone tendue. Un lieu où les locations sont rares, et les prix des loyers, élevés. Les propriétaires seraient amenés à louer leur bien pour rentabiliser leur perte. Patricia Salomone, 50 ans, est propriétaire d’une résidence secondaire rue Édouard Scoffier à Nice :  »Je pense que l’on ne peut plus être propriétaire en étant acculé par les taxes et toutes les charges. Lorsque ma fille quittera la résidence secondaire, je vais être obligée de le louer en saison. Je n’aurai pas d’autre choix et je n’y gagnerai rien. Aujourd’hui il vaut mieux être locataire ».

En 2008, l’INSEE affirmait que plus de 24 000 logements étaient des résidences secondaires soit environ 11 % des habitations. Des chiffres élevés pour la capitale azuréenne ce que confirme Cédric Pauletti, conseiller en immobilier chez Century 21 :  »Sur le secteur du port et du mont Boron, nos ventes pour les résidences secondaires s’élèvent entre 40 et 50 %. Selon moi, les personnes qui ont les moyens ne vont pas forcement louer leur bien. Ils préféront payer directement la taxe ». Thoraya Sahli, conseillère en immobilier à THL properties craint un réel recul des achats :  »Si la taxe est plus chère, il y aura moins d’investisseurs et les conséquences sur les locataires comme les loyers sont à prendre en compte. Certains peuvent perdre confiance en l’immobilier ».

Le maire aura la possibilité ou non d’appliquer la taxe

La décision restera à la portée des maires des villes concernées. Un choix qui peut être compliqué, car même si les communes peuvent y gagner, il peut y avoir des répercutions dans d’autres secteurs. Un point que soulève le maire de Saint André de la Roche, Honoré Colomas  »Ce n’est pas une décision évidente, d’autant plus dans les Alpes Maritimes. Le tourisme est très important et les résidences secondaires sont nombreuses. Peut être que ça tuerait un certain tourisme.  »

Il y a deux ans, une taxe similaire appelée taxe  »week end », devait être votée. Elle a finalement été abandonnée. La loi devrait être présentée en théorie la semaine prochaine.

Thomas Molmy & Sebastien Jean