Qu’attendre du mouvement “Nuit Debout” ?

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Les jeunes mobilisés pour le retrait de la loi Travail. © A.J.
Les jeunes mobilisés pour le retrait de la loi Travail. © A.J.

Après huit jours d’occupation, les Nuits Debout se poursuivent dans les grandes villes de France. Cette forme de contestation semble reprendre les codes d’Occupy Wall Street ou le mouvement des indignés en Espagne. A l’instar de ces mouvements, Nuit Debout peut-il prospérer dans le paysage politique français ?

 Participer à Nuit Debout c’est “manifester et apporter une parole citoyenne”. Pascal Reva, organisateur de la Nuit Debout niçoise y voit une autre forme de politique : “Ethymologiquement on fait de la politique mais on est très loin de la politique politicienne.” A coup d’assemblée générale et de prise de parole ces organisations tente de relancer le débat citoyen.

“Nous avons pour but d’être un rassemblement citoyen pour la convergence des luttes, loin des décision politique” précise Ugo Bernanicis, aux manettes de l’action lilloise. Les rassemblements sont indépendants les uns des autres. Il n’y a ni leader ni hiérarchie mais peut-être une ambition pour Pascal Reva : “On essaye de suivre le chemin des Indignés”.

Des similitudes

Henry de Laguérie, correspondant pour Europe 1 en Espagne, a couvert les manifestations des Indignés en 2011. Pour lui des similitudes existent. “Nuit Debout dans sa façon de faire et ses idées altermondialistes et très similaires au mouvement espagnol. C’est logique qu’on fasse le lien.”

Si les fondements sont les mêmes, le journaliste nuance : “Nuit Debout n’a pas la même ampleur. A Madrid des dizaine de milliers de personnes étaient réunis. Le métro était même paralysé”.

Autre différence mise en avant par Henry de Laguérie, le système politique : “En Espagne, la proportionnelle leur a permis d’avoir des députés.”

“Encore trop pour faire des comparaisons”

“C’est un mouvement naissant, a expliqué sur France Info le politologue Gaël Brustier, il n’a pas encore pris sa pleine dimension nationale”. Selon ce chercheur en science politique au Cevipol, Nuit Debout est naît dans un contexte particulier, celui de la contestation de la loi travail et de la montée des inégalités.

Pour Olivier Rouquan, enseignant chercheur en science politique, “il est trop tôt pour faire des comparaisons”. Le politologue pense que le mouvement français est beaucoup moins structuré qu’en Espagne ou en Grèce.

Olivier Rouquan établit un lien avec le Front National : “Aujourd’hui le FN a réussi a reprendre les votes contestataires”, mais comme le PS et les Républicains il s’institutionnalise. S’il ne se renouvelle pas ces mêmes votes pourraient se diriger vers un tel mouvement.”

Constantin IALOVENKO Kylian MARCOS