Permis moins cher : bon ou mauvais plan ?

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Avec l’arrivée d’auto-écoles low-cost, les Niçois vont désormais avoir le choix de payer leur permis moins cher. (Photo : DR)

Après Paris, Marseille ou Lyon, les auto-écoles low-cost arrivent à Nice. En voiture Simone et PermiGo proposent des formules nouvelles sur le marché niçois pour passer son permis à moitié prix. 

Mieux vaut-il payer son permis 700 € et le passer en 9 mois, ou le payer 1 500 et le passer en 4 ?

Des prix cassés pour un délai rallongé, cela ne fait pas peur à Steven, qui serait prêt à signer immédiatement : « Franchement, du moment que je peux payer moins cher ça m’arrange. Même si c’est  plus long, au final on atteint le même objectif et comme ça, je peux économiser des sous pour m’acheter ma voiture ! », s’enthousiasme le jeune homme, qui doit passer son permis dans trois mois.

Les auto-écoles classiques pourraient bien payer le prix fort face à cette concurrence, comme l’anticipe déjà Robert Cecchi, directeur de l’auto-école R, rue François Guisol : « Il y aura obligatoirement un préjudice économique pour nous, de l’ordre de 25% environ. Mais c’est un peu comme les banques en ligne, ça n’a pas empêché de vivre celles qui existaient déjà. », tempère-t-il.

Apprendre seul

PermiGo propose une formule hybride entre auto-école traditionnelle et en ligne, et En voiture Simone est une offre exclusivement sur internet. Juliette, qui a déjà passé son permis à 1 200 €, n’est pas emballée : « Pour le code, je pense que c’est en allant aux cours qu’on apprend vraiment. Si jamais on ne comprend pas quelque chose, on demande au moniteur, qui fait la correction avec nous, et au moins il nous explique. »

Payer moins cher rimerait donc avec moins de services, et c’est ce que déplore Robert Cecchi : « Les élèves seront livrés à eux-mêmes, ils n’auront ni suivi ni accompagnement. Donc ce qu’ils vont gagner financièrement au départ, ils le dépenseront après en prenant beaucoup plus d’heures de conduite parce qu’ils n’auront pas le niveau de l’examen. Donc au final, ce ne sera bénéfique que pour les très très bons élèves. »

Pour les auto-écoles low-cost, les apprentis conducteurs passeraient code et conduite en candidats libres, d’où un délais d’attente plus long. Mais comme la loi Macron prévoit un raccourcissement général des délais pour passer l’examen ainsi qu’une augmentation des places pour les candidats libres, la seule différence entre auto-école classique et low-cost pourrait bien finir par n’être qu’une question de prix.

Chloé Devilliers