NBA, budgets, audiences: pourquoi le basket français décline (malgré l’exploit de la SIG)

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Victoire de Strasbourg en demi-finale de l'EuroCoupe face à Trente (Italie) Crédit : Aquila Basket Trento

Les basketteurs strasbourgeois ont obtenu mercredi soir leur ticket pour la finale de l’EuroCoupe. Un véritable exploit. Car aucune équipe française n’avait atteint ce niveau de la compétition depuis 2002. Mais pourquoi les équipes françaises sont-elles si peu performantes?

1. Parce que les meilleurs français jouent en NBA

Tony Parker aux Spurs, Nicolas Batum à Charlotte, Joakim Noah avec les Chicago Bulls. Ces joueurs emblématiques de l’équipe de France de basket n’évoluent pas dans le championnat français, ils ont choisi les Etats-Unis.

En 1997, Tariq Abdul Wahad est le premier tricolore à intégrer la NBA, suivi par Jérôme Moiso en 2000. Ils étaient deux en 2003 (Antoine Rigaudeau et Mickaël Piétrus) et ont été de plus en plus nombreux.

Cette saison, on compte au total onze français en NBA. Et la France est le deuxième pays (hors Etats-Unis) le plus représenté dans cette compétition.

2. Parce que les budgets des équipes françaises sont largement inférieurs

42 millions d’euros, c’est le budget du CSKA Moscou pour 2012-2013. Sept fois plus que celui de l’Elan Sportif Chalonnais (5,5M€). En EuroCoupe cette saison-là, l’équipe est 21e sur 24 en termes de budget.

Le club strasbourgeois qui vient de se qualifier pour la finale de la compétition a un budget équivalent: 6M€. Les sponsors, qui représentent la moitié du budget des équipes de Pro A, participent à hauteur de 61.000 euros en moyenne. Des sommes insuffisantes pour rivaliser avec les grands clubs européens.

3. Parce que le public français préfèrent la NBA

Si, dans les salles, les spectateurs sont nombreux (en moyenne 3.500 supporters pour les matches de Pro A en 2013-2014), à la télévision ils zappent pour regarder la NBA.

Selon L’Equipe, une rencontre de Pro A réunit environ 60.000 téléspectateurs alors qu’un match entre les Spurs et les Lakers rassemble en moyenne quatre millions de personnes.

Ces audiences montrent le peu d’intérêt et le manque d’engouement que portent les français pour les clubs locaux. Et sans spectateur, les équipes récoltent moins d’argent. Cercle vicieux: les formations françaises sont moins compétitives que les russes, où le basket est l’un des trois sports nationaux.

4. Parce que d’autres sports ont dépassé le basket

Le basket souffre de la professionnalisation du rugby en 1995 et de son fort développement. Le ballon ovale supplante le ballon de basket dans les médias notamment. Les résultats exceptionnels de l’équipe nationale de handball ont également permis à ce sport d’être plus médiatisé.

Klhoé Dominguez