Migration : l’Europe ferme peu à peu ses frontières

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De plus en plus de pays européens rétablissent leurs frontières pour bloquer l’afflux de migrants. Avant la Suède ce mercredi, une demi-douzaine de pays a voulu limiter l’arrivée massive de réfugiés.

Les frontières européennes deviennent de plus en plus hermétiques aux migrants. Dernier cas en date : la Suède ce mercredi. Le pays nordique a instauré un contrôle à ses frontières pour dix jours. Il espère ainsi contenir l’afflux de migrants.

Et la Suède est loin d’être la seule à fermer ses frontières comme le montre la carte ci-dessous. Depuis le mois de septembre 2015, une demi-douzaine de pays européens a fait de même.

Storymap: https://s3.amazonaws.com/uploads.knightlab.com/storymapjs/fd88bc846fb21c2593babbab950ede2b/leurope-ferme-peu-a-peu-ses-frontieres/index.html

La situation au 12 novembre se présente donc ainsi:

En vert, les pays où l’on peut circuler librement. En orange, les pays qui contrôlent les frontières. En rouge, les pays qui ont fermé temporairement leurs frontières.

Une pression migratoire de plus en plus grande

L’arrivée massive et ininterrompue de migrants est à l’origine du rétablissement des contrôles aux frontières. En effet, le Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés estime à 800.000 le nombre de migrants qui traverseront la Méditerranée en 2015. C’est presque quatre fois plus qu’en 2014.

Plus de la moitié des migrants sont syriens selon le HCR. Les Afghans sont ensuite les plus nombreux à fuir leur pays pour venir en Europe.

Beaucoup de réfugiés viennent en famille, c’est pourquoi près d’un migrant sur cinq est un enfant.

Mais l’Allemagne s’oppose au regroupement familial des Syriens depuis le 6 novembre. Objectif de la mesure : limiter l’afflux des migrants en rendant le pays moins attractif et désengorger les centres d’hébergement.

Cependant, les pays européens ne peuvent pas prendre toutes les mesures qu’ils veulent. Ils doivent respecter les accords de Schengen.

 Des mesures qui correspondent « de prime abord » aux accords de Schengen

Filtrer ses frontières n’enfreint pas « de prime abord » les accords de Schengen selon la Commission européenne. Exceptionnellement et à certaines conditions, les Etats peuvent rétablir des contrôles.

Ils doivent être temporaires et être justifiés par « défaillances graves aux frontières extérieures, susceptibles de mettre en danger le fonctionnement global de l’espace Schengen« , d’après la Commission.

Elle estime ainsi que l’Allemagne, la République Tchèque, l’Autriche ou la Slovaquie sont dans leur droit.

Tiphanie Naud et Emilie Kauff