Les tricheurs du bac : un profil type ?

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lexpress.fr

À un mois du bac, la ministre de l’éducation nationale, Nouria Benghebrit rappelle via les radios que la sanction pour tentative de fraude à l’examen final expose son auteur à 5 ans d’exclusion. Pourtant cette règle déjà mis en application ces dernières années n’empêche pas certains lycéens de braver l’interdit. Mais existe-il un profil type de tricheur ?

Echanger de brouillon avec son voisin, se souffler la réponse, cacher une antisèche dans le caleçon ou dans une boite à tampon… Malgré de lourdes sanctions et la surveillance accrue des professeurs pour empêcher la tricherie, certains élèves continuent de tenter leur chance.

Tricheurs habitués

Allongés sur les pelouses devant le lycée général Masséna, des terminales de toutes filières se regroupent. C’est la pause de 10 heures mais certains d’entre eux bouquinent les annales. Comme son groupe d’amis, Camille* connaît la sanction de 5 ans d’exclusion en cas de triche au bac. Cette lycéenne de terminale L compte donc sur ses révisions pour réussir. Selon elle, dix personnes sur les trente-cinq de sa classe ont l’habitude de tricher, certains envisagent aussi de le faire le jour J. « On essaie de les mettre en garde sur les risques, mais la plupart d’entre eux y sont habitués depuis la seconde. C’est leur seule chance d’espérer décrocher la moyenne ».

« La peur d’échouer »

Mais n’allez surtout pas croire que seuls les mauvais élèves trichent. Ancien lycéen correct en filière ES, Pierre* a passé son bac en 2010. Déjà retenu dans une école de journalisme post-bac, il avoue avoir triché en économie, matière la plus coefficienté de son examen. S’il aurait pu s’en passer, il explique que c’est la peur de l’échec qui l’a poussé à transgresser le règlement : « Echouer signifiait rester au lycée une année de plus avec une nouvelle classe plus jeune. Je voulais absolument partir de chez mes parents. Pour moi le lycée était une souffrance. »

« On ne sait jamais »

Aujourd’hui ingénieur, Charles était un bon élève en terminale scientifique. Ses facultés dans les matières scientifiques, et donc principales, mettaient toutes les chances de côté. Pourtant il s’est assuré l’obtention de son bac en trichant dans les matières plus secondaires comme l’anglais, l’espagnol et l’histoire. « J’avais une carotte dans ma chaussure au cas où j’avais un trou de mémoire on ne sait jamais. A l’époque je trouvais la finalité plus importante que les moyens. J’avais 18 ans, j’étais inconscient, mais surtout jeune et con ».

* Les noms on été changés dans un soucis d’anonymat

Tiphaine Cazalis et Lucas Carcano