Les livres de sport, un marché en plein boom

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A l’approche des fêtes de Noël de nombreux ouvrages font leur apparition. Le sport y prend une place prépondérante avec des ventes toujours plus florissantes.

Raymond Domenech, Claude Onesta, Fabien Galthié ou encore Guy Roux, tous se sont essayé à l’écriture d’un ouvrage. De la biographie à une analyse de leur discipline, tous les styles sont proposés. Pour le plus grand bonheur des libraires. John, vendeur à la Fnac, raconte le succès fou rencontré par la biographie de Mike Tyson : « C’est un vrai personnage, hors du commun. Son histoire n’aurait pas pu être inventée par un scénariste ! C’est pour cette raison que le livre a été notre plus gros succès de l’année en sport ». Mais tous les livres de sport ne rencontrent pas un tel succès. Le vendeur explique que « ce sont surtout les scandales comme le dopage qui marchent, ou les biographies de sportifs connus au delà du passionné ». Fêtes de fin d’année obligent, la biographie du célèbre boxeur ressort en édition de poche, avec le même succès attendu. Pascal, un promeneur dans le stand consacré au sport, explique qu’il n’achètera jamais le livre de Raymond Domenech. « Vu son parcours en équipe de France je ne vois pas ce qu’il peut dire d’intéressant ! Et avec ses compétences il n’est pas en droit de critiquer » dit-il.

Le sport, « machine à histoires »

Chez les éditeurs de livres consacrés au sport, l’enthousiasme devant ce succès est plus nuancé. Pour Hugo&Cie, la référence en la matière avec des livres comme Racaille Football Club ou The Secret Footballer, la France a encore beaucoup de chemin à faire. Responsable au sein du label Hugo Sport, Bertrand Pirel témoigne : « On a 40 ans de retard sur les Etats-Unis ou l’Angleterre dans la littérature sportive. Du coup les chiffres de ventes sont bons mais ils pourraient être plus élevés vu le nombre de licenciés en France. » Depuis quelques années seulement la littérature accepte le sport et ne l’a rejette plus, le trouvant trop populaire auparavant. « La littérature parle d’histoires, avec le sport on a une machine à créer des histoires » ajoute Bertrand Pirel. Et de citer en exemple Le Cinquième Beatles de Vincent Duluc, biographie consacrée à la légende de Manchester United Georges Best. Pour les maisons d’édition, travailler avec des sportifs sur des ouvrages n’a pas qu’un but commercial. L’éditeur, qui a collaboré dernièrement avec Michel Platini, confie la facilité de travailler avec « un tel professionnel. Mais l’objectif reste que ces parutions sur le sport ne se résument pas à l’actu du moment mais qu’ils puissent être encore lues dans dix ans ». Preuve que le genre n’en est qu’à son balbutiement et que nos tables de chevet vont continuer de se remplir.

 Julien Duez