Les conséquences du retrait des troupes russes en Syrie

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Caricature qui Vladimir Poutine faisant
Caricature qui Vladimir Poutine faisant "défection". "J'annonce ma défection auprès de Bachar Al-Assad et voici ma carte d'identité"

Coup de théâtre en Syrie après l’annonce de Vladimir Poutine. Le président russe a décidé de retirer dès ce mardi 15 mars une partie de ses troupes engagées en Syrie depuis le 30 septembre 2015. La Russie est un soutien important pour le régime syrien. Ce retrait pourrait déstabiliser la politique de répression mise en place par Bachar Al Assad depuis le début de la révolution. Que va engendrer cette décision ?

Caricature qui Vladimir Poutine faisant "défection". "J'annonce ma défection auprès de Bachar Al-Assad et voici ma carte d'identité"
Caricature qui représente Vladimir Poutine faisant « défection ». « J’annonce ma défection auprès de Bachar Al-Assad et voici ma carte d’identité »

« On n’y croit pas. Cela doit être une stratégie militaire. On se demande ce qu’il se cache derrière. » Rania, habitante d’Alep se pose une centaine de questions et a dû mal à croire à la sincérité de cette annonce. C’est une nouvelle surprenante. La population qui vit dans des zones contrôlées par les rebelles est plutôt contente. Depuis l’annonce du retrait partiel des troupes russes, les Syriens ne parlent que de cela. Les réseaux sociaux se sont enflammés. Derrière leur joie, les partisans de la révolution restent sceptiques. Aghiad, réfugié syrien en Egypte, estime que « les Russes ont eu ce qu’ils voulaient. Ils ont montré leur domination. » Il se montre très inquiet et ne comprend pas pourquoi Vladimir Poutine a fait cette annonce à la veille de la troisième conférence de Genève qui porte sur des négociations entre les deux camps.

Diviser pour mieux régner 

Aghiad pense que les pourparlers se solderont par un partage de la Syrie. « Les Etats-Unis et la Russie ont pour objectif de découper le pays et d’accorder une partie à chaque minorité déjà existante. Pourquoi pas créer plusieurs Etats fédéraux », déclare-t-il avec certitude. Une affirmation contredite par Salam Kawakibi, politologue et président de l’initiative pour une nouvelle Syrie. Pour ce dernier, « cette mesure est irréalisable. Il faudrait des moyens d’envergures, et des coûts énormes. Il y a une homogénéité démographique importante dans chaque partie du pays. » Quant à l’annonce du retrait partiel des troupes Russes, le politologue explique que ce n’est qu’un message adressé au régime Syrien.

Une solution politique possible 

François Burgat, politologue et directeur de recherche à l’institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman est du même avis que Salam Kawakibi. « Ce message est certainement destiné à Bachar Al Assad. C’est un avertissement pour qu’il comprenne que les Russes n’ont pas envie d’écraser militairement l’opposition. » Les deux politologues s’accordent à dire que cette annonce sera positive sur les négociations internationales en cours. Le régime syrien vient de recevoir un coup difficile par l’un de ses principales alliés. Il devra faire des concessions et accepter une transition politique sur le long terme.

https://drive.google.com/file/d/0B0iKR2IzzD4rNEtnY1I5WmlIV00/view?usp=sharing
Un bilan accablant (source Pro média Syria. Louai )

Les Russes resteront 

« On ne connait pas l’ampleur du retrait. Près de 20.000 soldats russes sont actuellement en Syrie » précise François Burgat. Pour ce dernier, le point positif dans cette annonce c’est qu’il n y aura plus de bombardements russes sur l’opposition. Il rappelle que les Tsars garderont leurs bases maritimes sur le littoral syrien et que des soldats resteront dans le pays. Ce n’est donc pas une mesure exceptionnelle bien qu’elle ait faite beaucoup de bruits.

Lien externe :

la révolution en quelques dates

Les chiffres russes en Syrie

Cyrielle Croisier & Meye Mando