Le tramway : un poids ou un plus pour les commerçants ?

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Le tramway de Nice sur la place Masséna

Depuis huit ans, le tramway traverse Nice. Il permet une circulation plus facile pour les niçois. Qu’en est-il des commerces parfois loin des arrêts ? Sont-ils les victimes de la modernisation de la ville ?

Avec plus de 100 mille passagers par an depuis 2015 (source : internet ndlr), il est devenu le moyen de transport incontournable pour les Niçois. Pour les commerces situés loin des arrêts, le plus dur est derrière eux. Sept ans après l’inauguration et quatre ans de travaux « insoutenables » pour beaucoup de commerçants, la vie reprend son cours le long de la ligne. Selon Eliane, employée à la boutique F Maroquinerie avenue de la République, l’installation du tram a un effet double sens pour tous les magasins, « au début les gens débarquaient des arrêts comme des fous sans prendre la peine de s’arrêter. Maintenant ça fait quatre ans qu’ils reviennent petit à petit, ils redécouvrent la rue. » Pour elle, l’aspect de la mentalité de la société actuelle joue sur la perte de clientèle. Un intérêt perdu pour les vitrines, en plus de « l’e-achat » qui explose ces dernières années. Elle continue, « les restaurants restent la seule attraction, mais les commerces se vident. »

Le centre-ville est devenu plus attractif. Promenade du Paillon, trottoirs élargis, facilité d’accès, le tramway engendre un renouvellement de la clientèle. Matthieu Stellio travaille dans une boutique type bazar, Cette fois-ci. Elle est située entre l’arrêt Garibaldi et Opéra-Vieille-Ville boulevard Jean Jaurès. Il affirme : « les premières années ont été dures mais le tram a permis de nous amener une clientèle qui vient de plus loin. Maintenant on peut avoir des personnes qui habitent à l’autre bout de la ville. » Le système des 74 minutes créé par le réseau Lignes d’Azur quelque temps après la mise en service du tram, autorise les Niçois à profiter de la même rame avec un seul ticket. Un système important pour Ludovic Laurenti, vendeur de chaussures à l’enseigne Rikier situé entre deux arrêts, avenue Borriglione. D’après lui, l’apparition du tram modernise la ville, « il oblige les commerces des autres quartiers à s’aligner en terme de présentation avec ceux du centre-ville. Les Niçois passent du centre-ville à d’autres quartiers en quelques minutes, du coup, le tram sert de vitrine mobile. »

Lucie Agache et Florent Garelli