Le racisme est-il devenu banal à Nice ?

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Sylvanna et son petit frère Kelton, victimes de racisme
« J’ai un bac +4 dans le management de luxe. Ma responsable de stage m’a dit que je ne ferai jamais carrière car je suis noire », s’indigne Maria, 22 ans. Comme elle, nombreuses sont les personnes encore victimes de racisme. Un rapport européen confirme cette tendance avec une augmentation de 14% des violences racistes entre 2012 et 2014. Pour Hamid Bsallah, président de l’association SOS Racisme Nice, ce fléau est dû à de nombreuses causes : « les gens qui n’ont pas d’emplois ont besoin de coupables et accusent les étrangers d’en être responsables ». Selon lui, les politiciens ont aussi leur part de responsabilité : « ils font l’apologie du racisme, et manipulent l’opinion publique. C’est inacceptable ! » se révolte-t-il.

Pour endiguer le phénomène, l’association agit sur trois volets : la prévention, une cellule d’écoute et de soutien mais aussi un suivi juridique lorsque c’est nécessaire. Hamid Bsallah rajoute : « le racisme n’est pas une opinion mais un délit qui doit être éradiqué ».

Sur la coulée verte, Sylvanna, 20 ans, déjeune avec son petit frère Kelton. Fille d’un Africain et d’une Française, la jeune métisse a déjà subi de nombreuses discriminations. « Sale arabe, sale noire, rentre dans ton pays, c’est le genre de choses que j’entend souvent » reconnaît-t-elle. « Mais il faut se montrer plus intelligent qu’eux. Ça ne m’atteint pas, je suis Française » ajoute la jeune femme. Quant à Kelton, 5 ans, quand on parle racisme, il bredouille les yeux baissés « à l’école il y a blanc qui n’aime pas les métisses. Il me tape et me traite ».

Cette violence, banalisée au quotidien, l’association LICRA la combat chaque jour. Cathy, secrétaire bénévole, explique : « on essaye de cibler les enfants dès leur plus jeune âge en intervenant dans les écoles pour les sensibiliser ».

A l’école comme ailleurs, le racisme est partout. Sidi, 24 ans, raconte : « j’étais dans le tram. La place à côté de moi était libre mais une dame l’a refusée. Elle a dit « Je ne m’assieds pas à côté d’un noir ! » ». Sidi lui a alors répliqué qu’il avait autant sa place qu’un autre et que si sa présence la dérangeait, elle pouvait sortir. Les gens autour ont applaudi. « C’est la preuve que les gens ne sont pas indifférents au racisme », admet Sidi, reconnaissant.

 Marjorie Raynaud Anaïs Bence