Le Doggy Bag fait débat dans les restaurants niçois

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Crédit Photo : Les Inrocks

L’Adem, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie démontre dans une étude que chaque Français jetterait en moyenne entre 140 et 190 kilos de nourriture chaque année. Le Doggy Bag, le petit panier à emporter chez soi, ne fait pas sourire tous les restaurateurs.
 

Sur le célèbre Cours Saleya de Nice, il n’est pas question de laisser place au gaspillage. Au restaurant italien La Favola, Adriano le directeur, met à disposition le doggy bag, un concept pour lui « novateur » et « bon pour la planète ». « Je préfère que mes clients aient trop que pas assez, ce n’est pas très économique, mais mes grandes portions font la notoriété de mon restaurant ». Il avoue cependant ne pas le proposer systématiquement et rare sont ceux qui le demande. « Je pense que ce nouveau concept n’est pas encore entré dans les moeurs, mais si on me le demande, je le donne sans problème. ».

Depuis le 1er janvier 2016, la loi sur les biodéchets impose aux restaurateurs produisant plus de dix tonnes par an de mettre en place le tri sélectif. En ce qui concerne le doggybag, il n’y a aucune obligation. Une loi qui rassure le directeur du restaurant Le Safari qui juge ce concept inutile. « Le doggy bag, c’est juste se donner bonne conscience. On mange pour se faire plaisir, pas pour culpabiliser parce qu’on a pas fini de manger. Moi je ne le propose pas, ça ne sert à rien ». Le directeur au franc parler rajoute qu’il est très attentionné en matière de gaspillage, il assure connaître tout ces produits et surtout les goûts de ses clients « Je fais très attention aux menus de ma carte, dit-il, je ne prends que des produits sûrs et je connais les proportions pour chaque personne, les autres restaurateurs devraient en faire autant. »

Au restaurant à volonté Sushi Bar, la directrice du restaurant a trouvé une autre solution. Celle de facturer 1 euro le nombre de sushis laissés dans l’assiette. « Quand j’annonce à mes clients ce concept, la plupart sont étonnés, mais je remarque qu’ils font davantage attention à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre ». Une alternative au gaspillage beaucoup plus efficace que le doggy bag car, selon elle, il permet véritablement zéro gaspillage. « J’ai déjà essayé ce concept dans mon ancien restaurant, et les clients me confiaient que leurs restes restaient plusieurs jours au fond de leur frigo et finissent quand même dans la poubelle ».

En 2015, la Banque Alimentaire des Alpes-Maritimes s’est très investie dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. 1 700 tonnes de denrées, soit l’équivalent de 3 400 000 repas ont été distribué aux SDF dans 37 communes des Alpes-Maritimes. Mettre en place le Doggy-Bag dans les restaurants devrait réduire de 50% le nombre de déchet alimentaires d’ici 2025.

Ambre Caudrelier

Crédit Photo : Les Inrocks