L’Archet : un diagnostic alarmant

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Près de 700 000 infirmiers étaient en grève ce mardi 8 novembre à l’échelle nationale. Un rassemblement a eu lieu à Nice vers 10 heures sur la place Garibaldi. Les représentants de l’hôpital de l’Archet ont tenu à exprimer leurs revendications.

80% des embauches se font en CDD d’un mois renouvelable «ce qui signifie qu’on est suspendu tous les mois puis réembauchés… ou non.» Laurent Gleizes, représentant syndical de l’Archet et infirmier n’en peut plus. Après 25 ans de métier, voir « ce qu’on a construit se déconstruire », c’est « dur ». Services fermés, pression et suppressions de postes. Un constat qui force, malheureusement, le « personnel à faire un travail de moins bonne qualité. » Les femmes de ménage, par exemple, doivent nettoyer « 16 chambres et 19 bureaux par jour ». Le personnel médical, lui, travaille 20 à 70 heures par semaine et, rajoute le syndiqué, « les heures supplémentaires ne sont même pas payées. » A l’Archet, il manquerait 40 à 50 infirmiers pour pouvoir répondre aux besoins de l’hôpital, dont l’organisation est, paradoxalement, malade. « On ferme des unités comme la nutrition et on les rouvre. Pourtant, la demande reste la même. » Les services de rhumatologie et orthopédie ont été transférés à l’hôpital Pasteur le 5 mai 2015. Une greffe que Carole Massolo Bocchini, infirmière, a du mal à accepter : « lorsque je travaillais à l’Archet, je pouvais avoir des internes directement pour poser mes questions. Là, tout se fait par téléphone et on est débordés. J’ai 30 patients à gérer par jour, c’est très compliqué. » Maintenant, c’est « priorité à l’ambulatoire », les patients restent la journée et repartent ce qui a « engendré la suppression de l’équipe de nuit. »

Tous les hôpitaux concernés

Pancartes, banderoles, slogans assassins. Le micro résonne. Delphine Girard, responsable CGT Santé et Action Sociale 06 prend la parole : « on est dans une politique qui n’est ni sociale ni solidaire. En ce moment même, en 2016, on pousse le personnel hospitalier à démissionner. C’est inacceptable. » Les drapeaux rouges de la CGT se lèvent et l’audience applaudit. Des membres des hôpitaux de Cannes, Antibes, Sainte Marie, Cimiez. Tout le monde est touché. Laurent Gleizes dénonce : « on est tous dans la même galère. Au service gérontologie de Cimiez c’est pareil. Ils comptent les couches et lavent les patients en pratiquant, par manque de temps, le  »TMC » : tête, main, et cul. »

Marie THOUVENEL