L’adultère, une affaire de famille ?

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Ilustration d'un brin d'ADN, contenant l'information génétique d'un être vivant. Crédit : 20 minutes

«C’est la faute de mon père», ou la phrase qui pourrait devenir monnaie courante pour excuser l’adultère. Selon une étude australienne, le gène de l’infidélité se transmettrait…

Des chercheurs australiens ont déterminé l’existence d’un gène responsable de l’infidélité. Il s’agit de l’AVPRIA, qui produit l’hormone arginine-vasopressine, facteur tout trouvé de la tendance adultérine de 63% des hommes et 40% des femmes. Un patrimoine génétique qui sonne plutôt comme un package de naissance empoisonné…

«Je le pensais bien avant cette étude, pour moi c’est sûr et certain, l’adultère c’est une question d’hérédité». À Nice, Laura Mallon*, étudiante de 21 ans, en est persuadée. Après avoir vécu une longue histoire compliquée, la jeune femme explique son point de vue. «Le père de mon ex trompait sa femme à tout va, malgré 18 ans de vie commune il s’en donnait à coeur joie». Elle ajoute être convaincu que son ancien petit ami faisait de même : «j’en ai jamais eu la certitude mais j’ai surpris des conversations très équivoques…». C’est alors qu’elle a émis l’hypothèse d’une corrélation entre les agissements du fils et du père. «Soit c’est dans ses gènes, soit c’est une question de reproduction des actes qu’il a vu se produire étant plus petit».

Vincent Cassisi, étudiant de 25 ans en sociologie n’est pas du même avis. «Pour moi c’est des bêtises. J’ai vu ma mère souffrir de l’infidélité de mon père, pleurer à corps perdu et casser tout ce qui l’entourait…» Il indique alors ne jamais être capable d’infliger la même chose à une femme.

«Tout le monde est potentiellement infidèle»

Marie-Luce Rollin, psychologue spécialiste en thérapie de couple à Nice, dénigre l’étude. «Que l’infidélité soit une question de génétique, ça me parait vraiment tiré par les cheveux… Tout le monde est potentiellement infidèle, c’est dans les capacités de l’être humain». La psychologue explique la difficulté de mettre en relation l’infidélité et l’hérédité par le caractère individuel de chaque personne. «Ce n’est pas une cause général qui provoque l’adultère, ça diffère d’une personne à une autre. On ne peut pas établir une réponse qui se base sur la génétique». Elle nuance pourtant ses propos, en admettant : «si ça s’avère, ce dont je doute fort, l’être humain garde tout de même son libre arbitre, et une importante marge de liberté». Même prédisposé à l’adultère par son patrimoine génétique, l’Homme serait donc capable de le transgresser et de rester fidèle selon son envie.

 Célia Leparni

*le nom de la personne a été changé par soucis d’anonymat