La distribution hivernale des Restos du coeur démarre à Nice

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A Nice, pour les associations, l’heure est à la préparation. La 31ème campagne d’hiver des Restos du coeur est lancée à Jean-Baptise Verany.

A 10 heure du matin, sur la plateforme des Restos du coeur Jean-Baptiste Verany, c’est le coup de feu ! Les quarante bénévoles se déchainent, courent et s’organisent dans la précipitation pour accueillir les cinquantaines de personnes venues se ravitailler. « Le numéro 77, s’il vous plait ! ». Une dame accompagnée de son mari et de sa petite fille s’avance, hésitante, le regard tiré vers le bas. Sous les encouragements de son compagnon, elle choisit minutieusement les aliments qui lui feraient plaisir, le choix est restreint, tout est compté et pesé. « Bon, soit on prend des petits suisses pour Sophia soit on prend deux sachets de café pour le matin ». Elle n’est pas la seule dans cette situation, une file d’attente est organisée, des chaises sont installées pour faciliter l’attente et même une buvette avec thé, café et viennoiseries est dressée. Aux Restos du coeur, les dons s’effectuent sous conditions, les personnes dans le besoin ne peuvent pas choisir tout ce qu’elles veulent. Alors l’équipe de bénévoles est aux aguets, elle surveille, vérifie et compte ce que chaque personne glisse dans son panier. Jeanine, bénévole aux Restos du coeur depuis quinze ans se sent comme un agent de sécurité : « Il faut surveiller les vols, beaucoup de gens se servent et cachent tout sous leur manteau ! » Partagée entre le sentiment de pitié ou de mépris, elle confie qu’elle est habituée d’observer ce genre de comportement. « Je comprends que les personnes soient contraintes de voler, mais si tout le monde faisaient ça, les Restos du coeur n’existeraient plus. »

 Au rayon vêtement, l’ambiance est similaire, les bénévoles s’improvisent conseiller en prêt-à-porter, ils proposent, conseillent, font essayer, tout en restant vigilants des personnes malintentionnées. Mado, retraitée, adore ce qu’elle fait « Avant d’être bénévole aux Restos du coeur, j’étais vendeuse dans une grande enseigne de vêtement. Je me sens utile, c’est gratifiant d’aider les personnes dans le besoin. » Pour être bénévole, il faut avoir le coeur sur la main mais surtout avoir du temps libre. « Il n’y a pas d’âge pour participer aux Restos du coeur, il n’y a pas de vécu à avoir, tout le monde peut l’être » ajoute Mado. A Nice, la majorité des bénévoles sont des retraités qui profitent de leur temps libre de manière utile. Francis, soixante-dix-sept ans est un hyper-actif, impossible pour lui de rester sur son canapé et attendre que le temps passe. « Ma femme et moi faisons tous les deux partis de l’association, je suis fier de nos bonnes actions. »

Dans les coulisses des Restos du coeurs, une partie des bénévoles est en action, car la mise en place ne se fait pas toute seule. Les marchandises sont étalées et empilées d’une façon précise, et les vêtements pour enfant sont rangés par âge. Christophe, Jean-Marc et Bénédicte se sont levés tôt ce matin pour assurer la distribution. Ils ont réceptionné les produits, monté les stands et déballé les cartons. « Nous ne sommes pas directement au contact des personnes démunies, on assure l’organisation, on fait les inventaires » dévoile Christophe. Aux Restos du coeur, chacun est libre de mener sa bonne action à sa manière, sans jugement, sans crainte, juste dans l’esprit d’aider son prochain.

Ambre Caudrelier