La belle Otero de retour à Nice

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Depuis peu un concept unique débarque à Nice : Les Boutique-Hôtels. Ils ne laissent aucune place au hasard et traitent chaque détails. Comme pour une oeuvre d’art un thème est récurent et tout tourne autour de lui. La Villa Otero est l’une de ces oeuvres.

Des fauteuils en velours bleus surpiqués, une tapisserie dorée sur les murs et de temps en temps un portrait noir et blanc d’une Caroline Otero d’époque. 58 rue Hérold s’est nichée la Villa Otero, un hôtel d’un nouveau genre. Le concept est unique et s’éloigne totalement des standards de l’hôtellerie. Ici, on a laissé tomber l’ambiance zen et épurée, on a oublié les uniformes sobres et mis au placard les couleurs ternes. C’est l’essence même des Boutique-hôtels. Près de 230 en France, ces Hôtels à thème sont en plein essor. Ils ne compte qu’une cinquantaine de chambres et proposent des services personnalisés. Fini le basique, les clients recherchent désormais le nouveau, le sensationnel, le coloré. Yuhang Minh, cliente, souligne cette nouvelle tendance : « J’ai décidé de venir ici grâce à la décoration, l’univers. La couleur des meubles m’a séduite : pour moi, ce bleu est celui de Nice ». Chacun est transporté une fois la porte franchie : le style attire Français comme étrangers. Sur le livre d’or de la réception on reconnaît les écritures du monde entier : Indien, Russe, Chinois, Anglais, Italien…

Eleonora, chef de réception à la Villa Otero est la définition même du coloré. Elle arbore un smoking jaune poussin. Un pompon bleu de cabaret dans les cheveux elle souligne la singularité de l’endroit : « La Villa Otero est unique, loin de tous ces hôtels qu’on a l’habitude de visiter, ceux dont on ne se souvient pas. Ça commence par les uniformes, que l’on veut colorés, baroques. Par l’accueil qui est chaleureux au possible 24h sur 24 ». En effet, chaque employé porte le même pompon dans les cheveux et s’habille d’un sourire sincère. Un goûter est même mis à disposition des clients : « Tous les jours toutes l’année nous servons quelques mignardises et cocktails aux clients. Cela rappelle la Belle Époque, les banquets et réceptions qu’aimaient beaucoup Caroline Otero » annonce Camille Tournadre, Directrice de l’établissement. La danseuse est mise à l’honneur partout dans l’hôtel : dans les chambres elle sert de tête de lit sur un mur de cadres, dans le hall on vaporise une parfum sucré et féminin, le camaïeu des papiers peints est celui de l’époque dorée dans laquelle elle s’est révélée.

Les talons à paillettes des employées claquent sur le carrelage damier. On pourrait se croire en 1915 et s’attendre à voir débouler l’actrice dans les couloirs. Pour Stéphanie Cayet, la Styliste d’intérieur de l’Hôtel, c’est un défi réussi : « Il y a un an, on me demandais de créer un univers boudoir et intimiste, à l’image de la Belle Otero. Avec des matériaux nobles et des meubles d’époque chinés, j’ai voulu faire de l’hôtel un endroit où elle aurait pu vivre. À son image : riche, glamour et cocon ».

Charlène Guidarini

QUI ÉTAIT « LA BELLE OTERO » ?

Caroline Otero surnommée « La Belle Otero » est une chanteuse/star de cinéma/ danseuse de cabaret du 20e siècle. Elle est vue comme la courtisane la plus adulée de « La Belle Epoque ». Durant sa gloire, elle séduit des rois, des ministres et écrivains influents. Obsédée par le culte de sa beauté, elle se retire finalement à Nice pour sa retraite. Ses derniers jours sont peu glorieux : Elle dilapide sa fortune au casino et meurt d’une crise cardiaque dans un petit meublé près de la gare, à quelques mètres seulement de la Villa Otero.