Football – « L’OM n’est pas rentable »

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Une première place confortée et assumée. Il n’en fallait pas plus pour que les éternelles rumeurs d’un rachat de l’Olympique de Marseille ressurgissent. Le prince saoudien Al Walid, dont la fortune est estimée à plus de 30 milliards d’euros, aurait un intérêt pour le club marseillais depuis 2011. L’OM est évalué entre 100 et 150 millions d’euros.

Depuis que le PSG et Monaco ont été rachetés, beaucoup de supporters marseillais rêvent de voir l’OM repris par un investisseur capable d’injecter des centaines de millions d’euros sur le marché des transferts. D’autres préfèrent que le club garde l’identité marseillaise, un club populaire avec des joueurs qui se battent pour le maillot. Enfin, il y a ceux qui ne croient pas au rachat de l’OM depuis l’épisode Jack Kachkar, homme d’affaires canadien qui a essayé d’escroquer le club avec des fausses garanties bancaires en 2007. Au courant des émulations autour du prince Al Walid, le président de l’OM Vincent Labrune a qualifié la rumeur de « fantaisiste ». Pour Lionel Maltese, professeur à la Kedge Business School de Marseille, la rumeur d’un rachat de l’OM « n’est pas crédible tant qu’un investisseur n’a pas pris la parole et exposé les raisons de son action ».

Surtout, l’OM et son actionnaire principale Margarita Louis-Dreyfus n’ont jamais déclaré publiquement que le club était à vendre. « Je ne sais même pas si elle veut vendre. Ce que je sais c’est qu’elle est très contente de la manière dont Vincent Labrune gère ses intérêts à l’OM. Elle est attentive aussi au fait que son fils Kyrill aimerait à terme gérer les actifs du club car il est fou de l’OM » explique Lionel Maltese.

L’OM, une vitrine mal rangée

Pour racheter l’OM, il faudrait un projet cohérent de rachat avec une stratégie claire. Mais si l’OM n’est que très peu courtisé par les investisseurs étrangers, Lionel Maltese note plusieurs obstacles importants à une éventuelle vente de l’OM : « La non propriété du stade, la faiblesse du centre de formation, la connaissance de la culture locale et le manque de temps pour créer un nouveau modèle sont des freins qui refroidissent considérablement les investisseurs ».

Attaché à son image de club populaire, l’OM fixe des prix très abordables (10 euros) dans les virages du stade. La marge de manœuvre laissée aux groupes de supporters pour les abonnements pose aussi problème : « Un investisseur n’aurait pas d’intérêts financiers à investir à l’OM surtout s’il n’a pas la mainmise sur la billetterie. Par contre il peut gagner en notoriété, et l’OM représente un actif utile dans une perspective de lutte concurrentielle étatique entre pays du golfe ».

                                                   Thomas Gucciardi