Expo photos – Frank Horvat : l’explosion des émotions

0
53
Givenchy Hat be 1958, libre de droit

Depuis le 10 octobre, et jusqu’au 25 janvier 2015, le théâtre de la photographie et de l’Image-Charles Nègre accueille les œuvres du photographe Frank Horvat. Une exposition au cœur des émotions.

C’est un jeu de lumière et de sentiments qui règnent dans les salles du musée de la photographie de Nice. Un univers où les yeux se posent sur le regard d’un enfant, ou sur la condition humaine. Une rétrospective de 200 photographies, d’instants saisis. Empreintes d’une sensibilité, et nées de 68 ans de carrière.  » Un choix de 15 clés et une sorte de rétrospective  » tel que le raconte Daniel, médiateur pour le théâtre de la photographie et de l’image.

Émotions

1965, Djerba (Tunisie), pour Harpers Bazaar G.B. © Frank HORVAT

Comme emporté, l’artiste amène ses spectateurs à la contemplation. Celle d’histoires que l’on vient à imaginer, celle du monde et de sa réalité. Les musiques de rue viennent résonner dans les oreilles tandis que les enfants semblent contempler le sort du destin. Chaque photo fait écho à une sensation. Les cœurs se serrent, les masques tombent. Le cliché d’une petite fille assise sur un matelas, à même le sol, saisi par son silence. Ses yeux baissés, invitent à la réflexion.  » C’est un artiste qui va au-delà de l’image et qui n’a saisi que les moments qu’il a ressenti  » poursuit Daniel. Dans les salles d’exposition, le temps est suspendu. Et les visiteurs sont enivrés par le monde , ses ombres et sa lumière.

Un artiste hors et dans le temps

«  C’est un génie de la photographie qui est témoin de son siècle. Il a essayé toutes les techniques de la photographie et n’a pas honte de dire qu’il retouche ses œuvres sur Photoshop. Il n’a aucune griffe, il a su déborder de tous les cadres « . Au milieu des visages marqués par la douleur des veuves, des jeux d’enfants, et des clins d’œil humoristiques, règnent les époques et le changement. Les mannequins, élégantes, du 20ème siècle semblent retrouver leur place dans la société,transportées dans un autre univers.  » La photo de Judy qui tient sa sandale a fait scandale. Pour les magazines de mode et les créateurs, ce n’était pas la place d’un mannequin. Il a vraiment désacralisé les tops modèles « . Mais l’artiste n’en oublie par pour autant la dualité. Les femmes gracieuses, chevauchent les ânes et rencontrent des mineurs alors que leurs gestes évoquent leur duplicité. Comme si l’artiste avait su représenter deux sociétés que tout opposait. Passionné, Daniel conclut  » c’est de ce mouvement qu’est né le prêt à porter. Frank Hovart a su être assez curieux et inventif pour accompagner un mouvement « .

Laetitia SALOMONE