Education nationale – Le poids de la note

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Trois parents sur quatre jugent que les notes à l’école peuvent «fragiliser l’estime de soi», qu’elles «donnent le sentiment à l’élève qu’il est mauvais» ou encore qu’elle «décourage». Voilà la conclusion d’un sondage sur les notes données à l’école. Mais qu’en pensent les professionnels de l’enfance ?

Près de trois parents sur quatre sont favorables à une diminution du poids des notes à l’école, selon un sondage OpinionWay1. «Dès le CM1 on met déjà une pression inutile sur les élèves. On leur rabâche que leurs résultats de primaire sont insuffisants pour leur entrée au collège» déplore Christa Canquouët, psychologue scolaire à l’école Anne Franck à Menton. «Il faudrait une évaluation constructive, on ne peut pas noter tout le monde pareil. La notation actuelle ne valorise pas les efforts».

Certains ont essayé de ne pas donner de notes du tout, comme l’a expérimenté Marie-Claude Ipert-Bresson, professeure de français et d’italien à la retraite. «J’ai passé un an sans donner de notes. Un travail monumental mais passionnant. L’ambiance dans la classe était vraiment meilleure» observe t-elle. «Les bons sont restés bons, les élèves en difficultés ont été moins agressifs. C’est surtout pour la tranche moyenne que la progression a été flagrante. Il y avait plus de volonté, de participation et moins d’appréhension de la note. ». Tels ont été les bénéfices de cette année expérimentale. Le principe : une grille d’évaluation pour chaque devoir, avec trois colonnes : La première, «ta performance», qui joue le rôle de thermomètre, «la meilleure performance» du groupe, source de motivation, et la dernière «la plus mauvaise performance» attire l’attention sur les points à améliorer. Mais un seul mot clé positif : «performance». «On n’est plus dans le «je sais» ou «je ne sais pas», mais vraiment dans le «ce que je sais faire», souligne cette passionnée de pédagogie qui co-écrit depuis des livres d’italien pour l’éditeur Nathan.

La note, indicateur de progression

La réforme de l’évaluation des élèves est un sujet sensible. 73% des parents jugent qu’une mauvaise note peut décourager un élève et diminuer l’estime qu’il a de lui. La ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem estime que l’évaluation «ne repose aujourd’hui sur aucun fondement scientifique». Elle souhaite que la nouvelle évaluation «encourage» les élèves «à apprendre et à progresser».

«La bonne note, ça crée un cercle vertueux» constate Laurent Moro, directeur d’école primaire à Breil sur Roya. «En primaire il n’y a pas de notes, mais souvent ce sont les élèves qui sont demandeurs. C’est plus parlant pour eux et on observe vraiment quand on progresse» étaye ce père de deux enfants, avant de poursuivre, partagé : «au collège par contre c’est trop. Trop de notes. Les gamins sont toujours entrain de calculer leur moyenne, il faut un juste milieu».

1Le sondage a été réalisé à partir d’un échantillon de 596 parents d’enfants scolarisés, issu d’un échantillon de 2.025 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été interrogé en ligne et sur le terrain fin octobre.

Claire Allavena et Nicolas Drusian