De Cannes aux Etats-Unis : drôle de parkour

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Loup réalise une figure acrobatique.

Le parkour est une discipline de sport extrême qui fait son apparition à la fin des années 1990. Ce mode de déplacement sportif se décrit souvent comme un art de franchissement des obstacles de la vie de tous les jours. David Belle est considéré comme le créateur de cette discipline. Il s’appuie sur la vitesse des déplacement et l’efficacité de franchissement.

Loup, un jeune Cannois, pratique le parkour depuis plusieurs années. En 2010 il crée le collectif Frheaven pour développer la discipline sur la Côte d’Azur. Pratique de loisir au départ, cet acrobate urbain s’est maintenant fait un nom. De retour de tournée aux Etats-Unis il revient sur sa carrière en pleine progression.

Vous rentrez d’une tournée de deux mois aux Etats-Unis. Qu’est-ce qui vous a amené de l’autre côté de l’Atlantique ?

Au départ c’est par pur hasard. J’avais fait pas mal de trucs en France et je voulais vraiment me tester, savoir si je pouvais trouver des contrats aux Etats-Unis. On a présenté le spectacle « 6e continent » de ma compagnie Frheaven. Ça a bien plu et les performances se sont enchaînées.

Vous êtes issu du parkour, comment avez-vous découvert cette discipline ?

Ce sont des amis qui m’ont fait découvrir. Je les voyais faire au bord de la piscine. Ils faisaient plein de sauts périlleux dans l’eau. Donc, à force, je me suis dit que je pouvais aussi le faire. Au départ c’était vraiment pour le côté acrobatie. Puis j’ai vraiment eu le coup de foudre.

Qu’est-ce qui vous à fait persévérer dans cette discipline ?

A force de prendre des plats au bord de la piscine à cause de mes saltos ratés, j’ai tenté une figure en hauteur* sur la plage de Cannes. Dès le premier saut j’ai eu cette adrénaline qui donne envie de recommencer. J’adore tout ce qui se passe en hauteur, avec beaucoup de mouvement.

Quel est votre mouvement favori ?

C’est un peu bizarre parce que plus je progresse plus mes préférences changent. En ce moment je suis plus sur des mouvements qui se passent au sol. Mais si je dois en donner un seul je pense que c’est le parachute. C’est un salto arrière cambré en attrapant ses chevilles.

Vous avez participé à un film d’animation mis en scène par Jamel Debbouze « Pourquoi j’ai (pas) mangé mon père« , dans les salles le 8 avril 2015. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Au début j’ai fait les castings pour la comédie musicale Dragons qui tourne actuellement. J’ai passé le premier tour mais je n’avais pas assez d’argent pour retourner au deuxième tour. La directrice de casting m’a appelé plus tard pour le casting du film et j’ai été pris.

Quel a été votre rôle ?

C’est un film qui utilise la motion capture. J’ai fait plein de mouvements pour imiter le singe. Il y a beaucoup de sauts et de déplacement dans l’espace.

Après les Etats-Unis et le cinéma avez-vous d’autres projets ?

Oui j’en ai beaucoup. Je suis en train de monter un solo d’une heure et Montréal au Canada m’a déjà demandé de venir le faire quand il sera prêt. Grâce à mon passage aux USA j’ai eu une proposition pour donner des cours à New-York. C’est très bien payé donc je ne peux pas refuser l’offre. J’ai aussi un projet pour créer un pôle artistique à Cannes. C’est un gros projet que l’on veut faire avec un ami. Ça devrait être monté d’ici un ou deux ans.

 *Une figure en hauteur est un saut d’une plate-forme vers une autre, plus en contre-bas.

Robin Puel