Barack Obama, la désillusion

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Barack Obama, président des Etats-Unis

Le «yes we can» est bien loin. Alors que se profilent les élections de mi-mandat, Barack Obama risque plus qu’une perte de pouvoir d’action.

«Obama, fin de la partie ?». C’est ce qu’on lisait en titre de Marianne ce matin. Les élections de mi-mandat ont lieu aujourd’hui aux Etats-Unis et le président américain risque de perdre sa majorité au congrès. Une confrontation avec son impopularité. «C’est moins la ligne politique, c’est l’image d’un homme élu pour sa couleur qui est désavouée» lâche Yasmina Touaibia, docteur en science politique, et professeur à la faculté de droit et science politique à Nice. «Etre noir ne suffit pas, les américains ont pris conscience, qu’avant une image il y les actions». Tous les plans dont il était porteur ont été freinés ou avortés. La «déguétthorisation», la réforme sur la couverture sociale, ou encore la réduction des inégalités. «L’une des raisons de son impopularité réside dans le fait que les inégalités sociales ne cessent de progresser» condamne Christophe Colette, Doctorant en Droit Public et Professeur à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. En 2013, le revenu moyen des ménages était encore inférieur à celui de 2009. «La fortune cumulée des 400 américains les plus riches a augmenté de 13% depuis 2013» regrette-t-il. Mais cette élection à mi-parcours n’aura pas d’influence économique. «Il y aura peut être quelques mouvements boursiers mais pas de vagues économiques» souligne Yasmina Touaibia. «Ces élections sont l’équivalent d’un sondage d’opinion. Autrement dit pas d’effet direct sur la politique d’Obama, qui passe du point mort à l’arrêt complet».

Alors, ça changera quoi ?

Un secteur minier mis à mal, une pauvreté croissante et des promesses impossible à tenir, ternissent la marketing Obama. «Sur le plan économique, l’éventuel basculement du Sénat, conjugué à une Chambre des Représentants qui resterait Républicaine, risque de poser des problèmes quant à l’adoption du budget fédéral», explique Christophe Colette. Mais ce sont les conséquences sociales qui sont les plus redoutables. Pour Geoffrey Marttins, étudiant franco-américain: «c’est un retour en arrière». «L’image d’Obama s’effondre et on le regarde comme l’homme noir qui échoue. On remet toute sa légitimité en question. Là on retourne des années en arrières. On sent une ségrégation raciale latente, j’irais presque à dire, d’apartheid. Aujourd’hui c’est le personnage qui est jugé et non plus son parti, qui se détourne de lui. Regardez cette candidate démocrate qui se présente au congrès, Alison Grimes, elle base sa campagne sur «I’m not Barack Obama».

Claire Allavena et Nicolas Drusian